Comparer 1Jean 2.22,23, notes.
Ici l'apôtre dit plus explicitement que dans le premier passage ce qu'il entend par confesser Jésus-Christ venu en chair : c'est professer la foi au Christ historique comme Fils de Dieu, comme Parole de Dieu qui est devenue chair, qui a revêtu notre humanité d'une manière réelle et définitive. Cette dernière pensée est exprimée par le participe parfait, qui indique un fait accompli dont les conséquences demeurent. (Voir sur l'incarnation Jean 1.14, 1re note et sur le mot chair appliqué à Jésus-Christ, Romains 1.3,4, note.)
La confession de Jésus-Christ, venu en chair est le principal signe auquel les chrétiens pourront discerner les esprits et savoir s'ils viennent de Dieu. Ce grand fait de l'incarnation implique celui de la rédemption.
"La divinité du Christ, l'incarnation, est le christianisme lui-même, et il est assez clair qu'elle ne saurait être rien de moins. Pour qui admet"Emmanuel"ou"la Parole faite chair,"tout est là, et cette doctrine est dès lors à celle de la rédemption ce que le contenant est au contenu."Vinet.
Ce fait entièrement reconnu nous prémunit contre toute erreur essentielle et montre que nous possédons la vérité sur Dieu, sur l'homme, sur le péché, sur l'œuvre de la grâce en nous. Aussi Paul, quoique à un autre point de vue, tient-il le même langage que Jean. (2Corinthiens 5.19 ; Colossiens 1.13-20)
- Selon son habitude, Jean exprime sa pensée, d'abord positivement à verset 2, puis négativement au verset 3. Dans ce dernier verset, la leçon de B. A, que nous avons admise avec tous les critiques actuels, porte seulement les mots : "Et tout esprit qui ne confesse pas Jésus." En grec, ce dernier nom est précédé de l'article : le Jésus, qui vient d'être défini comme "venu en chair"
Le texte reçu porte : "Qui ne confesse pas Jésus Christ venu en chair." On suppose que cette formule a passé, par inadvertance, du verset 2 au verset 3. Mais il faut reconnaître que ces mots se lisent à verset 3 dans la Peschito et que le Sinaïticus les renferme, avec cette seule différence qu'il porte : "Jésus le Seigneur venu en chair."
Enfin la leçon complète se trouve déjà dans Polycarpe. (Ep. aux Philip. ch. 7) Elle est aussi plus en harmonie avec le style de Jean, qui aime ces antithèses symétriques. Si malgré ces raisons qu'on peut alléguer en sa faveur, les critiques s'accordent à admettre le texte plus simple : le Jésus, c'est, entre autres, à cause du témoignage de l'historien ecclésiastique Socrate (vers 440), qui rapporte que d'anciens manuscrits portaient : "Et tout esprit qui dissout Jésus, n'est point de Dieu." Cette variante se retrouve chez Irénée, Origine, Augustin et dans la Vulgate. Elle n'est probablement pas authentique, mais elle rend très bien la pensée contenue dans l'expression vague : qui ne confesse pas.
L'intention de Jean est de combattre l'erreur, naissante alors, qui consistait à dissoudre, à détruire Jésus, en séparant l'homme d'avec le Christ divin, qui ne se serait uni à lui que pour un temps, erreur appelée plus tard docétisme. Voilà pourquoi Jean unit étroitement ces deux termes : Jésus-Christ, venu en chair.
voir 1Jean 2.18, 2e note. D'autres traduisent : ne pas confesser Jésus, c'est là l'esprit ou le propre ou l'action de l'antechrist. Il faut du discernement pour reconnaître l'esprit de l'antechrist, parce qu'il se produit sous les dehors de la vérité. "Satan se déguise en ange de lumière." (2Corinthiens 11.14)