On pourrait s'étonner de voir l'apôtre n'envisager (ici et verset 2) le mariage que par son côté tout terrestre, et comme un moyen d'éviter les péchés des sens.
Lui attribuer exclusivement cette vue serait le calomnier ; car nul n'a exposé d'une manière aussi élevée le côté spirituel et saint de l'union conjugale, qu'il n'a pas craint de comparer à l'union de Christ et de son Eglise ; (Ephésiens 5.22 et suivants)
Mais il faut considérer ici ceux auxquels il s'adressait. Ces Corinthiens, dont plusieurs étaient enflés des dons extraordinaires de l'Esprit, mais pauvres en humilité, en charité, en renoncement ; ces chrétiens qui, ambitieux d'une sainteté fantastique, en étaient venus déjà à regarder les relations du mariage comme un état d'infériorité, même entre gens mariés, (versets 5,10) et qui cependant abusaient de la liberté chrétienne au point de souffrir dans l'Eglise la présence des plus honteux désordres ; (1Corinthiens 5.1 et suivants) ces hommes, qu'il fallait ramener des hauteurs d'une fausse spiritualité au naturel et au vrai, Paul ne pouvait, ne devait pas leur tenir un autre langage.