12 à 20
Donc, n'abusez pas de la liberté chrétienne.
Ces mêmes paroles reviennent avec un léger changement 1Corinthiens 10.23. Ce principe de liberté chrétienne, vrai en lui-même : toutes choses me sont permises, paraît avoir été la maxime favorite de quelques membres de l'Eglise de Corinthe, peut-être surtout de ceux qui se réclamaient du nom de Paul, (1Corinthiens 1.12) et ils en abusaient en l'appliquant à des pratiques qui étaient des péchés.
Paul ne nie pas la vérité de cette maxime, il l'adopte au contraire ; mais il fait sentir à ses lecteurs que, comme toute vérité exagérée ou déplacée devient une erreur, cette maxime, ainsi faussée, pouvait autoriser les plus coupables abus.
Aussi l'apôtre, sans la nier, la rectifie dans l'application par deux autres principes qui lui servent de contre-poids : d'abord, il faut que l'usage de la liberté soit toujours dirigé par l'amour du prochain, c'est-à-dire par ce qui lui est avantageux, qui l'édifie (c'est ce qui se trouve développé 1Corinthiens 8 et suivants) ; ensuite, si l'on entend par liberté simplement l'autorisation de choisir entre le bien et le mal, au lieu d'y voir l'affranchissement du péché, elle ne tarde pas à se transformer en une honteuse servitude.
Paul, quant à lui, proteste contre cette déplorable conséquence. Il dit :"Tu es maître de manger et de boire ; fort bien, mais prends garde que ce besoin ne devienne une volupté qui fasse de toi son esclave. Si tu dis : Il m'est bien permis de mener une vie douce et commode au sein des jouissances, l'apôtre te répond : Tu ne le fais déjà plus comme un homme qui en a le pouvoir, mais tu es l'esclave d'une telle vie."Chrysostome.