Y a-t-il là une ironie ? Les uns disent oui, les autres non. Si elle n'est pas dans les paroles, elle est certainement dans les choses. (versets 9,10) Paul ne veut pas, à la vérité, dire le contraire de ce qu'il paraît dire, comme on le fait par l'ironie.
Les chrétiens de Corinthe avaient réellement été rassasiés, enrichis de biens, spirituels, rendus assez forts par l'Evangile pour régner sur le monde et le péché. (1Corinthiens 1.4-7)
Il faut remarquer la progression de ces trois termes : rassasiés, enrichis, régné.
Mais tout rassasiement, toute richesse de la grâce, qui ne réveille pas dans l'âme des besoins plus profonds, qui n'entretient pas en elle la faim, la soif, le sentiment de sa faiblesse, s'écoule, se dessèche et se tourne en véritable pauvreté. C'est ce qui était arrivé à plusieurs membres de l'Eglise de Corinthe, par une fausse confiance dans les dons éminents qu'ils avaient reçus.
De là les sérieux enseignements partout répandus dans l'Ecriture : Matthieu 9.12 ; Luc 6.24,25 ; Jean 9.41 ; Apocalypse 3.17.
- De là aussi ce vœu que l'apôtre exprime d'un cœur ému : Vous voulez régner sans nous, jouir, tandis que nous sommes dans les renoncements et les épreuves ; (versets 9-13) plût à Dieu que votre royauté fût la vraie, celle qui est promise à tout enfant de Dieu, (Romains 8.17 ; 2Timothée 2.12 ; Apocalypse 1.6) le triomphe final de l'Eglise sur tous ses ennemis ! Alors, nous aussi, délivrés de nos combats et de nos souffrances, nous régnerions avec vous !
Au lieu de cela l'apôtre se sent près de succomber sous la croix ; quelle humiliation pour ceux à qui il s'adresse !