Pour comprendre le sens spirituel de cette belle image, il faut bien se représenter l'image elle-même : avant d'élever un édifice durable, un temple majestueux, (verset 16) il faut d'abord poser un ferme fondement ; tous en conviennent, il n'y a ici nulle différence d'opinions. (verset 11)
Mais sur ce fondement, on peut bâtir avec des matériaux fort divers : de nobles métaux, de l'or, de l'argent, servant à l'ornement intérieur de l'édifice ; des pierres précieuses, le marbre, le porphyre, le jaspe, composant les colonnes et les parois du dedans ; ou bien aussi du bois, du foin, du chaume employés dans certaines parties de la charpente et de la maçonnerie.
Arrive le jour où éclate un incendie, les premiers matériaux supportent l'épreuve du feu ; les derniers, s'il y en a, sont consumés. Alors l'ouvrier ne se sauve qu'au péril de sa vie, et fait la perte de son avoir et de sa peine.
- L'apôtre se contente d'indiquer le sens spirituel : vous êtes l'édifice de Dieu (verset 9 ; comparez verset 16), et laisse tout le reste à l'intelligence de ses lecteurs.
Il dit pourtant clairement quel est le fondement, Christ, (verset 11) sans lequel il n'y a point d'édifice spirituel, point de temple où Dieu puisse habiter. Ce fondement a été posé par Dieu lui-même, et pour toujours.
Ce qui est bâti ensuite sur ce fondement, ce sont toutes les doctrines vraies ou fausses (comparez verset 6 à 9) annoncées dans l'Eglise, c'est la manière de faire de chaque serviteur de Dieu, l'esprit qu'il apporte dans son travail.
Si ces matériaux sont de même nature que le fondement, s'ils proviennent directement de Christ, de sa justice, de son Esprit, ils pourront tous résister au feu. Au contraire, tout mélange d'erreur, de souillure, de péché, provenant, soit de l'ouvrier, soit de ceux qu'il travaille à édifier, est destiné à périr.
Le jour de la venue de Christ, du jugement éternel (Hébreux 10.25) manifestera l'œuvre de chacun, la fera passer par l'épreuve du feu. (2Thessaloniciens 1.8) La récompense de l'ouvrier fidèle sera, non seulement son propre salut, mais la conservation de son œuvre, le bien accompli et subsistant pour la vie éternelle, les âmes sauvées, qui seront sa joie et sa couronne. Mais celui qui a employé de mauvais matériaux aura la douleur de voir périr son œuvre et le fruit de sa peine ; lui-même ne sera sauvé qu'au travers du plus terrible danger, et uniquement s'il n'a pas abandonné le fondement !
"C'est le marchand naufragé qui voit périr sa cargaison et son profit, et n'est sauvé lui-même qu'au travers des flots."Bengel.
- Il y a, dans cette instruction de l'apôtre, un avertissement plus redoutable encore : Craignez, semble-t-il dire à ceux qui mettaient leur confiance en l'homme ; (versets 4,5) car, s'il est des erreurs dans lesquelles, et malgré lesquelles, il y a encore un salut possible, qui peut tracer avec certitude une ligne démarcation entre ce qui sera brûle autour de lui et en lui, et ce qui finirait par le perdre lui-même éternellement ?