Par ces mots travaillé plus qu'eux tous, faut-il entendre plus que tous ensemble, ou plus que chacun d'eux ? Les opinions des exégètes sont divisées sur cette question. Quoi qu'il en soit, Paul se hâte d'expliquer sa pensée en attribuant à la grâce ses travaux et ses succès, mais à la grâce qui est avec lui, ce qui exprime l'action de Dieu et de l'homme dans leur pleine harmonie. Plusieurs manuscrits lisent en effet : "la grâce de Dieu avec moi."
- L'humilité chrétienne a un caractère absolument différent de ce qui porte ce nom, ou le nom de modestie dans la morale du monde. Le chrétien, profondément convaincu qu'il n'est rien en lui-même, rien qu'un pécheur digne de condamnation, et que tout ce qu'il possède, il le doit uniquement à la miséricorde divine, peut, néanmoins, sans blesser aucunement cette humilité, sans que, pour ainsi dire, cela le regarde, avouer hautement tout ce que Dieu a accompli en lui et par lui.
C'est ce que fait Paul ici et ailleurs, (Romains 15.18 et suivants, par exemple) mais toujours en attribuant tout le bien de sa vie à la grâce de son Dieu, pour le glorifier, et s'accusant de tout le mal qu'il avait fait avant sa conversion. L'homme du monde, au contraire, réduit à sa propre valeur morale dans le bien comme dans le mal, a intérêt à voiler l'un et l'autre ; le mal, parce qu'il en serait accablé sans remède devant Dieu et devant les hommes ; le bien, parce que le bon ton lui commande de ne pas se glorifier lui-même, et que la modestie est une gloire de meilleur aloi.