Par les esprits des prophètes, les uns entendent les esprits divins ou les forces spirituelles dont ils sont inspirés, comme verset 12, note.
D'autres admettent qu'il s'agit de leurs propres esprits, inspirés par l'Esprit de Dieu, comme s'il y avait leur esprit, au singulier, terme qui se trouve réellement dans une variante assez autorisée.
Quoi qu'il en soit, l'apôtre répond par ces mots à ceux qui auraient objecté aux recommandations précédentes, qu'il ne leur était pas possible de résister aux mouvements de l'Esprit.
Il pose par là un principe profond en lui-même et d'une immense portée pratique, sur lequel il fonde toutes les directions qu'il donne ici, et sans lequel elles n'auraient point de sens possible ; car les chrétiens de Corinthe auraient pu objecter, comme le font tous les fanatiques, que l'Esprit les poussait ainsi, et qu'ils ne pouvaient lui résister.
Or, l'apôtre enseigne que jamais Dieu ne veut, par son Esprit, détruire en l'homme ni la liberté, ni la responsabilité, ni, par conséquent, la claire conscience de sa raison, pour le mettre, en quelque sorte, hors de lui-même ; car alors, il pourrait facilement être le jouet de son imagination, de ses passions, ou même de la puissance des ténèbres, tout en se disant inspiré de Dieu, et peut-être en le croyant de bonne foi.
Lorsque, pour ne citer qu'un exemple saillant, les prophètes des Cévennes commettaient des crimes qu'ils prétendaient leur être commandés par l'Esprit, c'est qu'ils méconnaissaient ce principe. Appliquée à la prédication de l'Evangile, cette vérité apprendra au prédicateur le plus abondant combien il lui importe de rester toujours en pleine possession de lui-même et de sa parole.
L'apôtre prouve son principe par une raison souveraine, tirée de la nature de Dieu même : Dieu ne peut jamais se contredire ; or, il n'est pas un Dieu de confusion, mais de paix, c'est-à-dire d'ordre et d'harmonie. (verset 33 ; comparez verset 40)