Cette image aussi, comme celle de verset 11 (voir la note qui précède), que l'apôtre n'entend pas l'abolition de la connaissance actuelle d'une manière absolue, car un miroir peut bien ne montrer les objets que d'une manière très imparfaite, défigurée, ne présenter que des formes indécises et obscures (c'était surtout le cas des miroirs métalliques des anciens) ; mais pourtant ces objets ainsi vus sont bien les mêmes qui existent dans la nature, et que le miroir reflète si mal.
Le chrétien compare les vérités révélées avec son expérience, avec ses besoins, avec le monde extérieur, et voilà pour lui le miroir où se réfléchit l'image des choses divines ; mais comme ni le monde extérieur, qui est plein de mystères, ni son propre cœur, qui est obscurci par le péché, ne lui rendent purement et nettement cette image, il voit obscurément, "en une énigme" (Grec :), énigme dont il cherche le mot, qui lui est donné tantôt d'une manière, tantôt d'une autre ; et ainsi il avance, de degré en degré, laissant derrière lui mille questions sans réponse, jusqu'au jour où il verra face à face, immédiatement, sans le moyen du miroir.
Comme j'ai été connu : de Dieu. (Comparer 1Corinthiens 8.3, note.) Cette connaissance mutuelle sera une mutuelle pénétration par l'amour ; en d'autres mots, une communion parfaite : (voir 1Jean 3.2) "Nous le verrons tel qu'il est" en lui-même, tandis qu'ici-bas nous le voyons seulement tel qu'il est en nous. (Comparer Jean 17.21)