Les versets versets 9,10 donnent la raison pour laquelle les dons désignés au verset 8 cesseront, comme l'indique déjà la liaison au moyen de car. (verset 9) Puis l'apôtre développe encore cette raison par deux similitudes. (versets 11,12)
Parce que nous connaissons et prophétisons en partie, par fragments, d'une manière extrêmement imparfaite, la science et la prophétie seront abolies, pour faire place à un tout autre moyen de connaître. (verset 12)
Relativement à la prophétie, cela est évident, et cette déclaration a déjà été accomplie historiquement dès ici-bas. Mais quant à la science ou connaissance, comment cela peut-il être, puisqu'il est dit que connaître Dieu, c'est la vie éternelle, (Jean 17.3) et que la connaissance est identifiée avec l'amour même, qui ne périt jamais ? (1Jean 4.7,8)
A cette question, qui n'est pas sans difficulté, on peut au moins répondre :
1° Que l'apôtre parle ici de la connaissance comme don extraordinaire de l'Esprit, (1Corinthiens 12.8) et que, si cette science ne peut pas être abolie relativement à son objet, qui est Dieu, elle le sera, et même l'a déjà été, sous le rapport du mode par lequel l'homme l'acquiert.
2° Que, même à prendre ce mot dans son sens ordinaire et général, notre connaissance actuelle n'est rien, comparativement à ce que sera la contemplation immédiate de son objet. Dans cette mesure, la déclaration de l'apôtre reste vraie, sans être absolue, et l'on peut dire la même chose des autres dons qui seront abolis : ainsi les langues cesseront, (verset 8) soit comme don de l'Esprit, soit comme faculté naturelle ; et pourtant il y aura dans la perfection un langage quelconque, un moyen supérieur de communication.
Ainsi encore la prophétie, cette inspiration immédiate de Dieu, (1Corinthiens 14) sera abolie, mais la communion parfaite avec Dieu sera la plus haute prophétie. De même la connaissance ; ses moyens pénibles et lents feront place à la vue immédiate ; ses résultats fragmentaires (en partie) disparaîtront devant la plénitude de la vérité, dans la pure lumière. Ce qui prouve que telle est la pensée de l'apôtre, ce sont les deux comparaisons par lesquelles il l'explique. (versets 11,12)
En un sens, la science de l'enfant subsiste certainement encore dans celle de l'homme fait ; mais, d'un autre côté, on peut dire qu'il n'est pas une de ces notions puériles qui n'ait été abolie par la science de l'âge mûr.
Notre vie ici-bas, en comparaison de la vie du ciel, est infiniment moins encore que la première enfance à l'égard de la plus mûre expérience ; car, entre la terre et le ciel, il n'y a pas seulement la distance de la foi à la vue, mais surtout la distance du péché à la sainteté. Or, même au plus haut degré de développement possible, le chrétien marche par la foi, une foi souvent obscurcie, et non par la vue. (2Corinthiens 5.7)