C'est pour en venir à ces questions impressives que l'apôtre a énuméré encore une fois les dons divers conférés par Dieu à son Eglise, et c'est ainsi que, pour confondre tout orgueil, il applique a ses lecteurs la comparaison du corps humain. (Vers 15-26.)
Dans sa première énumération, (versets 4-10) il n'a mentionné les charges ou ministères (services) que sommairement ; (verset 5) ici il les reprend en détail. (verset 28) L'ordre où il les place est intentionnel. (Comparer Ephésiens 4.11)
Les apôtres, les témoins authentiques de Jésus-Christ, les fondateurs de son Eglise, ceux qui l'ont formée dans la doctrine et dans la vie, occupent le premier rang, une position unique ; les prophètes (voir sur la prophétie, 1Corinthiens 14) viennent ensuite, avant les docteurs, parce que bien, que moins importants à certains égards, ils recevaient de Dieu pour l'Eglise des révélations directes, de salutaires avertissements, expression de la volonté divine ; les docteurs sont ceux qui avaient le don de sagesse et de science. (verset 10, note.)
Parmi les dons, il en est deux que l'apôtre n'avait pas nommés cidessus : ce sont les secours et les administrations. (Vers 28.) Les premiers ont pour objet les soins donnés aux pauvres et aux malades, les seconds désignent le don de gouverner, d'administrer les affaires pratiques dans l'Eglise.
Comme ces deux genres d'activité ont rapport aux choses extérieures, malgré leur importance, l'apôtre les place en dernière ligne avec le don des langues et de leur interprétation, auquel nous reviendrons avec lui. (Ch. 14.)
- Cela établi, il cherche à humilier par ses questions pressantes (versets 29,30) ceux des chrétiens qui, dans leur orgueil, prétendaient à toutes les charges et à tous les dons, au lieu de se soumettre avec déférence à ceux qui les avaient reçus, et d'en profiter pour leur édification. Ces questions, où perce une sainte ironie, ne sont point déplacées aujourd'hui dans certaines Eglises. (Voir verset 10, note.)