Bien que, dans ces versets versets 3-5, le mot grec képhalè, la tête, soit le seul employé, et que d'excellents traducteurs (version de Lausanne, Rilliet) le rendent uniquement par ce dernier terme, nous préférons le traduire tantôt par chef, tantôt par tête, selon que l'apôtre le prend en un sens figuré ou dans le sens propre.
Cela ne serait pas nécessaire si le mot chef avait encore, comme autrefois, sa double signification. Mais ici (verset 4 et 5) l'apôtre emploie le même mot dans ces deux sens : "l'homme qui prie la tête couverte déshonore son Chef, c'est-à-dire Christ ; (verset 3) la femme qui prie la tête découverte déshonore son chef, c'est-àdire son mari." (verset 3) Il est vrai que quelques interprètes, se fondant sur une variante peu autorisée, traduisent : "déshonore sa propre tête." Mais qu'est-ce que cela voudrait dire ? (Voir note suivante.)
Avoir la tête rasée, ou les cheveux coupés, était une peine infligée aux femmes adultères. Les cheveux longs, ce voile naturel de la femme, (verset 15) étaient donc considérés comme l'honneur du mari ; (verset 6) mais il y a de cet honneur un autre symbole, c'est le voile proprement dit, qui est le signe de la réserve, de la pudeur, de la soumission dans la femme ; en paraissant en public non voilée, elle déshonorait son mari, parce qu'elle violait les règles reçues de la décence, exactement comme, selon nos mœurs, une conduite inconvenante chez une femme retombe en déshonneur, non seulement sur elle, mais sur son mari.
L'homme, au contraire, (verset 4) représentant le principe de la domination et de la liberté, doit paraître d'une manière conforme à ce principe ; il honore son Chef en se découvrant devant lui. (verset 7)
- Les mots prier, prophétiser, montrent que ces dons de l'Esprit étaient quelquefois départis à la femme. Ailleurs, l'apôtre lui en interdit l'exercice public (1Corinthiens 14.34 ; comparez 1Timothée 2.12) ; en ne le faisant pas ici se met-il en contradiction avec lui-même ? Il semble plutôt que, tout occupé d'une pensée, il la poursuit sans s'arrêter à une autre.
"En désapprouvant l'un, il n'approuve pas l'autre."Calvin.
Le fait est qu'ici Paul ne dit rien de l'interdiction qui suivra, (1Corinthiens 14.34) et qu'on ne peut rien conclure de son silence.