Béria est peut-être le même que celui qui est nommé verset 13 parmi les chefs de Benjamin. Jeu de mots ; Béria signifie : dans le malheur.
La notice historique contenue dans nos versets ne doit sans doute pas être prise au pied de la lettre. Car, comme Ephraïm est né en Egypte, l'expédition de ses fils Ezer et Eléad contre Gath ne pourrait avoir eu lieu que de ce pays-là, et le verbe ils étaient descendus (verset 21) ne convient pourtant qu'à une expédition partie des montagnes d'Ephraïm. Par Ezer et Eléad il faut donc entendre non des individus, mais des familles, des clans qui furent détruits dans une expédition malheureuse.
Ephraïm n'est pas non plus le fils de Joseph, ancêtre de la tribu, mais la tribu elle-même qui pleure ses membres perdus et qui est consolée par les autres tribus. Il se peut que nous ayons ici le souvenir d'un fait particulier, la naissance en ces temps-là d'un homme qui vengea ses frères. 8.13 parle d'un Béria qui vengea la défaite subie par les Ephraïmites ; il serait présenté comme ayant pris la place laissée vide par Ezer et Eléad.
En tout cas cette expédition malheureuse de deux familles éphraïmites dut avoir lieu très tôt, car les habitants de Gath qui les détruisirent ne furent pas les Philistins, venus d'ailleurs dans ce pays (Deutéronome 2.23), mais les habitants autochtones, les habitants nés dans le pays, c'est-à-dire probablement des Avviens, d'après Deutéronome 2.23.