42 à 49 Deuxième appendice.
Nous avons ici une seconde généalogie de Caleb, faite à un autre point de vue que la première ; elle n'est pas personnelle, mais ethnographique et géographique, c'est-à-dire qu'elle donne les noms des familles qui descendaient de Caleb et des lieux où ils habitaient.
Parmi les noms que nous trouvons ici plusieurs sont certainement géographiques. Ce sont les suivants :
- Hébron, Genèse 13.18
- Ziph, Josué 15.55
- Marésa, Josué 15.44
- Thappuach, Josué 15.31
- Maon, Josué 15.55
- Beth-Tsur, Josué 15.58
- Madmanna, Josué 15.31
- Guibéa, Josué 15.57
On peut ajouter aux précédents Rékem, qui était le nom d'une ville de Benjamin (Josué 18.27), mais il pouvait être aussi le nom d'une ville de Juda ; Schéma, qui est peut-être identique avec Schéma, Josué 15.26 ; Jorkéam, qui est peut-être une faute pour Jokdéam (Josué 15.56) ; Motsa (même cas que pour Rékem ; comparez Josué 18.26) ; Macbéna, que le parallèle de Guibéa semble bien désigner comme un nom de ville. Donc, sur trente noms, il y a neuf noms sûrement géographiques et cinq qui le sont probablement. Les autres noms, en revanche, sont des noms de personnes et désignent les ancêtres des principales familles des Bené-Caleb. Du reste, les noms géographiques eux-mêmes désignent, dans la pensée de l'auteur, également le nom d'un ancêtre, mais d'un ancêtre de second rang. Ainsi Mésa, père de Ziph, signifie que les habitants de Ziph se reconnaissaient un ancêtre du nom de Ziph, mais portaient en fait le nom d'un ancêtre plus reculé, nommé Mésa.
Nos versets 42 à 49 distinguent trois groupes des Bené-Caleb :
- Le premier groupe (versets 42 à 45) comprend les Bené-Mésa et les Bené-Marésa. Les Bené-Mésa étaient établis spécialement à Ziph. Les Bené-Marésa étaient beaucoup plus nombreux. Une partie d'entre eux habitaient Marésa, à laquelle ils ont probablement donné leur nom. D'autres habitaient Hébron. Les Hébronites s'étaient eux-mêmes subdivisés en plusieurs familles : famille de Koré, famille de Thappuach, établie sans doute dans la ville du même nom, famille de Rékem, famille de Schéma. A la famille de Rékem se rattachait celle de Schammaï qui s'établit à Maon et de là colonisa Beth-Tsur. A la famille de Schéma se rattachait celle de Raham, établie à Jorkéam (Jokdéam).
- Le second groupe des Bené-Caleb (versets 46 et 47) comprenait les familles rattachées à Epha, concubine de Caleb, au nombre de trois : celles de Haran, de Motsa et de Gazez ; cette dernière était peut-être un rameau de la première (Haran engendra Gazez).
Aux trois familles issues d'Epha l'auteur en ajoute six issues de Jadaï, personne absolument inconnue qui se rattachait à Caleb nous ne savons comment. Parmi les fils de Jadaï on retrouve le nom d'Epha, mais ce nom désigne sans doute une autre personne que celle du verset 46. Schaaph se retrouve dans le troisième groupe.
- Le troisième groupe (versets 48 et 49) comprenait les familles rattachées à Maaca, seconde concubine de Caleb : les deux familles de Schéber et de Tirhana, qui semblent avoir formé un groupe à part, puis celle de Schaaph (voir verset 47), établie à Madmanna, et celle de Schéva, établie à Macbéna et à Guibéa.
Les familles issues des concubines étaient sans doute des branches secondaires des Bené-Caleb. On peut se demander si le nom de la mère leur servait de nom patronymique commun (comparez l'expression Bené-Kétura). Quant à la mention d'Acsa, fille de Caleb, elle est destinée à rappeler Josué 15.13-19 et l'établissement de Kéniziens de la famille de Caleb à Kirjath-Sépher ou Débir.