Sermons sur les grands thèmes de l'Évangile · Charles G. Finney
Sermon 23
Mort au péché par Christ
« De même vous aussi, tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le christ Jésus. » (Romains 6,11)
Le contexte de ce passage va nous aider à en comprendre le sens. Vers la fin du chapitre précédent, Paul avait dit : « Or la loi est intervenue afin que la faute abonde ; mais là où le péché abondait, la grâce a surabondé, afin que, comme le péché a régné par la mort, ainsi aussi la grâce règne par la justice pour la vie éternelle par Jésus Christ notre Seigneur » (Romains 5,20-21). Il parle ici du péché comme d'une puissance qui règne, comme d'un roi, et de la grâce comme régnant elle aussi. Puis, au chapitre 6, il poursuit : « Que dirons-nous donc ? Demeurerions-nous dans le péché afin que la grâce abonde ? » (Romains 6,1), puis : « De même vous aussi, tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le christ Jésus » (Romains 6,11).
Vous remarquez qu'ici Paul parle de l'homme, du vieux pécheur, comme crucifié avec Christ : détruit à tel point par la force morale de la croix que celui qui était autrefois pécheur ne sera plus l'esclave du péché. Quand il parle d'être planté ou enseveli avec Christ, nous devons bien sûr comprendre qu'il emploie des images pour enseigner cette grande vérité : l'Évangile délivre l'âme du péché. Comme Christ est mort pour le péché, de même, par une ressemblance générale, nous mourons au péché ; et d'un autre côté, comme il est ressuscité pour une vie nouvelle et infiniment glorieuse, de même celui qui se convertit se relève pour une vie nouvelle et heureuse, une vie de pureté et de sainteté.
Mais pour revenir plus précisément à notre texte, je dirai ceci : les mots de notre traduction sembleraient indiquer que notre mort au péché ressemble exactement à la mort de Christ pour le péché ; or ce n'est pas le cas. Nous sommes morts au péché en ce sens qu'il ne doit plus être notre maître, ce qui suppose qu'il a eu du pouvoir sur nous. Mais le péché n'a jamais eu de pouvoir sur Jésus-Christ ; il n'a jamais été son maître. Christ est mort pour détruire le pouvoir du péché sur nous, et non pour détruire un pouvoir que le péché aurait eu sur lui, car il n'en avait aucun. La ressemblance entre la mort de Christ par rapport au péché et notre mort au péché va jusque-là, et pas plus loin : il est mort pour offrir le sacrifice qui répare le péché, et pour créer une force morale capable de tuer l'amour du péché dans tous les cœurs ; mais le chrétien meurt au péché en ce sens qu'il rompt avec toute attirance pour le péché et qu'il est libéré de sa domination.
Mais je dois passer maintenant au texte lui-même, et je chercherai :
I. Ce que c'est qu'être mort au péché, au sens de notre texte.
II. Ce que c'est qu'être vivant pour Dieu.
III. Ce que c'est que se regarder comme mort au péché, mais vivant pour Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur.
IV. Ce que c'est qu'être vivant pour Dieu par Jésus-Christ.
V. Ce que contient l'appel de notre texte.
I. Être mort au péché, c'est évidemment le contraire d'être mort dans le péché. Être mort dans le péché, c'est sans aucun doute un état où l'on est entièrement pécheur : un état où l'âme est morte à tout ce qui est bien, à cause du pouvoir que le péché a sur elle. Mais à l'opposé, être mort au péché, c'est forcément rester insensible à ses attraits, hors de portée de son influence, aussi complètement à l'abri de son influence que les morts le sont des choses qu'on voit et qu'on touche dans ce monde. Celui qui est mort, au sens naturel, n'a plus rien à faire avec les choses de la terre ; de même, celui qui est mort au péché n'a plus rien à faire avec les attraits du péché, ni avec le fait même de pécher.
II. Qu'est-ce qu'être vivant pour Dieu ? C'est être plein de vie pour lui, être tout entier actif et attentif pour faire sa volonté ; faire de toute notre vie une offrande continuelle pour lui, en nous livrant sans cesse à lui et à son service, afin de glorifier son nom et de servir ses intérêts.
III. Qu'est-ce que se regarder comme réellement mort au péché ?
Le mot traduit par « regarder comme » est parfois traduit par « compter » : la foi d'Abraham lui fut comptée comme justice. Ainsi, dans ce passage, « se regarder comme » doit vouloir dire : croyez, tenez pour vrai que vous êtes réellement morts au péché. Comptez que c'est bien le cas. Voyez-y vraiment votre relation avec le péché : vous y êtes entièrement morts ; il n'aura plus de pouvoir sur vous.
Un examen attentif des passages où ce mot de l'original est employé montrera que c'est là son sens habituel et naturel. Et cela nous donne la vraie idée de la foi selon l'Évangile : accueillir pour soi-même le salut qui vient par la foi en Jésus-Christ. Mais j'y reviendrai plus loin.
IV. Que veut dire se regarder comme réellement vivant pour Dieu par Jésus-Christ ? Tout simplement ceci : vous devez vous attendre à être sauvés par Jésus-Christ et compter sur ce salut comme sur un bien qui vous appartient. Vous devez vous considérer comme entièrement morts au péché, et donc comme entrés dans la vie et la paix en Jésus-Christ.
V. Que contient l'appel de notre texte ?
Il suppose que tout ce qu'il faut existe pour fonder cette attente, et pour recevoir réellement ces bénédictions. Car s'il n'y avait aucune raison de pouvoir les recevoir, cet ordre serait parfaitement absurde. Un commandement qui nous demande de nous regarder comme réellement morts au péché et vivants pour Dieu serait absolument intenable s'il n'y avait aucune chance que la chose se réalise, si rien n'était prévu pour que nous entrions dans une telle relation, avec le péché d'un côté, et avec Dieu par Christ de l'autre. Car si l'on ne pouvait pas raisonnablement s'attendre à ces bénédictions, il ne pourrait y avoir aucune raison valable de les attendre. S'il n'était pas raisonnable de s'y attendre, nous ordonner de nous y attendre serait clairement déraisonnable. Qui ne voit que l'ordre lui-même suppose qu'une base a été posée, et que tout ce qu'il faut a été prévu pour l'état demandé ?
Que suppose le fait d'obéir à cet appel ?
1. Croire qu'une telle chose est possible. Croire possible que, par Christ, nous puissions vivre de la manière demandée, éviter le péché, cesser de pécher, y renoncer, l'abandonner complètement et le rejeter pour toujours. On ne peut pas obéir à ce commandement en connaissance de cause si l'on n'a pas, au fond de soi, cette conviction qu'il est réalisable : un état rendu réellement possible par une grâce suffisante, adaptée aux lois de l'esprit humain et à l'état moral réel des hommes perdus.
2. Que nous cessions d'espérer parvenir à cet état par nous-mêmes, par nos propres efforts, seuls et sans aide. On ne commence pas à recevoir par la grâce tant qu'on n'a pas renoncé à tout espoir d'y parvenir par ses propres œuvres. C'est seulement quand nous sommes vides de nous-mêmes que nous commençons à être remplis de Christ.
3. Une volonté, dès maintenant, d'être délivré du péché. Nous devons réellement renoncer à tout péché en tant que péché, c'est-à-dire y renoncer parce que c'est du péché, et pour ce qu'il est. Voici la position que l'esprit doit prendre : je ne peux plus rien avoir à faire avec le péché, car Dieu hait le péché, et je dois vivre désormais et pour toujours pour lui plaire et le glorifier. Mon âme s'est engagée, de toute la force de sa volonté, à plaire à Dieu et à faire sa volonté.
4. Cela suppose aussi de remettre entièrement toute votre situation entre les mains de Jésus-Christ, pour être délivré du péché non seulement maintenant, mais aussi dans tout l'avenir. C'est absolument indispensable. Ce doit toujours être le pas décisif, l'acte essentiel de cette grande œuvre de délivrance du péché.
5. Cela suppose aussi de fermer son esprit à la tentation, de telle sorte que l'on s'attende vraiment à vivre une vie entièrement consacrée à Dieu. C'est le même genre de fermeture de l'esprit que dans un mariage fidèle. La Bible met partout cette image en avant. Les chrétiens y sont présentés comme l'épouse de Christ. Leur relation avec lui ressemble de très près à celle d'une épouse avec son mari. C'est pourquoi, quand ils lui donnent tout leur cœur, qu'ils mettent en lui leur affection et lui font confiance pour tout ce qui est bon, leur cœur est solidement fermé à la tentation. On voit ce principe à l'œuvre dans la simple relation humaine. Quand deux personnes se sont solennellement promises l'une à l'autre, dans une fidélité honnête et réciproque, il n'est plus question de laisser l'œil errer ou le cœur partir ailleurs à la recherche d'un nouvel objet d'intérêt et d'amour. Le cœur est fixé, volontairement fixé par la parole donnée ; et ce fait supprime presque entièrement la force de la tentation. Il devient relativement facile de garder le cœur en sécurité, au-dessus de l'influence de la tentation d'abandonner sa foi. Avant que les vœux sacrés soient prononcés, on peut excuser quelqu'un de regarder autour de lui, d'observer et de se renseigner ; mais jamais après le vœu solennel. Une fois que les deux ne font plus qu'un par le vœu du mariage, qui ne doit jamais être rompu, il n'est plus question de chercher un meilleur choix, ni de penser à changer la relation ou à reprendre l'affection de son cœur. Aucune hésitation n'est plus permise maintenant ; la promesse est faite pour une fidélité éternelle, réglée une fois pour toutes ! C'est l'image que Dieu lui-même emploie, et il n'y en a sûrement pas de plus juste ni de plus forte. Elle montre comment le chrétien doit regarder le péché et toute tentation de pécher. Il doit dire : Loin de mon cœur, pour toujours ! Je suis marié à Jésus-Christ ; comment pourrais-je chercher d'autres amants ? Mon esprit est fixé pour toujours. Il se repose dans la paix profonde de celui dont l'affection est promise et fixée, pour ne plus jamais errer ! Le péché ? Je ne peux plus penser à céder à ses séductions. Je ne peux pas me poser la question un seul instant. Je ne peux rien avoir à faire avec le péché. Mon esprit est fixé, la question est fermée pour toujours, et je ne peux pas plus accepter la tentation des petits péchés que celle des grands ; je ne peux pas plus consentir à donner mon cœur aux idoles du monde qu'à commettre un meurtre ! Je ne suis pas entré dans la foi comme dans un essai, pour voir si cela me plairait, pas plus qu'une femme ou un mari ne prononcent le vœu du mariage pour faire un essai. Non ; mon âme tout entière s'est donnée à Jésus-Christ, avec la même certitude d'être fidèle pour toujours que les époux les plus fidèles ont de tenir leurs vœux en toute fidélité jusqu'à ce que la mort les sépare.
Les chrétiens qui sont dans cet état d'esprit ne s'attendent pas plus à commettre de petits péchés que de grands péchés. Comme ils haïssent tout péché pour ce qu'il est, et parce que Christ le déteste, n'importe quel péché, même tout petit, est pour eux comme un meurtre. C'est pourquoi, si leur cœur se laisse un jour séduire et vaincre par la tentation, c'est tout à fait contraire à ce qu'ils attendaient et voulaient ; cela ne faisait absolument pas partie de leur projet, au contraire, c'en était clairement exclu ; ce n'était pas un péché qu'ils s'étaient permis d'avance, en toute connaissance de cause : il leur est tombé dessus sans qu'ils s'y attendent, par la prise que lui donnaient de vieilles habitudes ou de vieilles fréquentations.
De plus, cet état d'esprit suppose que le chrétien sait où se trouve sa grande force. Il sait qu'elle ne se trouve pas dans des œuvres comme jeûner, donner aux pauvres, faire des prières, accomplir des devoirs publics ou des devoirs privés, rien de ce genre ; pas même dans de bonnes résolutions ou dans des efforts qui viennent de lui-même, mais seulement en Christ, reçu par la foi. Il n'attend pas plus de lui-même la vie spirituelle, en dehors de Christ, qu'un homme sensé ne s'attendrait à voler en battant des bras. Au fond de son âme, il est profondément convaincu que toute sa force est en Christ seul.
Quand des hommes sont assez éclairés pour vraiment comprendre ce sujet, attendre de Jésus-Christ moins que cela, quand on lui confie toute son âme pour un salut complet, revient en fait à le rejeter comme le Sauveur que Dieu a révélé. Ce n'est pas l'honorer pour ce qu'il est ; ce n'est pas honorer ce qu'il a révélé de lui-même dans sa Parole, en l'acceptant tel qu'il y est présenté. Car réfléchissez : quel est le premier élément de ce salut ? Ce n'est pas d'être sauvé de l'enfer, mais d'être sauvé du péché. Être sauvé de la punition est tout à fait secondaire, à tous points de vue. Ce n'est qu'une conséquence du fait d'être sauvé du péché, et non l'élément principal du salut de l'Évangile. Pourquoi le Messie, encore petit enfant, devait-il être appelé Jésus ? Parce qu'il devait sauver son peuple de ses péchés. Et la Bible enseigne-t-elle quelque part une autre idée que celle-là ?
Remarques.
1. Ce seul texte justifie pleinement l'espérance de vivre sans péché, par une grâce qui surabonde en tout : « tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le christ Jésus » (Romains 6,11). S'il n'y avait aucun autre passage sur ce point, celui-ci suffirait à lui seul ; et un chrétien qui donnerait ce seul passage comme raison d'une telle espérance en Christ donnerait une raison aussi bonne qu'on puisse en demander. Mais il y en a en réalité beaucoup d'autres qui justifient pleinement cette espérance.
2. Enseigner qu'une telle espérance est une erreur dangereuse, c'est enseigner l'incrédulité. Imaginez que l'apôtre ait ajouté, à cet ordre qui nous demande de nous regarder comme réellement morts au péché mais vivants pour Dieu, cette étrange déclaration : « Pourtant, laissez-moi vous avertir : personne ne peut raisonnablement espérer être libéré du péché dans ce monde. Souvenez-vous qu'entretenir l'espérance que Dieu vous ordonne d'avoir par ces paroles est une erreur dangereuse. » Que faudrait-il en penser, si cela était ajouté à Romains 6,11 ?
Personne ne peut nier que ce passage parle de la sanctification, le fait de devenir saint. Toute la question est celle-ci : les chrétiens doivent-ils « demeurer dans le péché » après avoir été pardonnés et acceptés en leur Rédempteur ? Paul s'efforce de montrer qu'ils doivent mourir au péché, et donc qu'ils le peuvent, tout comme Christ est mort pour le péché ; et qu'ils peuvent aussi vivre une vie nouvelle, une vie spirituelle (par la foi en sa grâce), tout comme Christ vit une vie plus haute et plus glorieuse.
Permettez-moi de citer ici un autre passage, où il est dit : « Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incrédules » (2 Corinthiens 6,14) ; « Quelle convenance y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? Car vous êtes le temple du Dieu vivant » (2 Corinthiens 6,16) ; « C'est pourquoi sortez du milieu d'eux, et soyez séparés, dit le Seigneur, et ne touchez pas à ce qui est impur, et moi, je vous recevrai ; et je vous serai pour père, et vous, vous me serez pour fils et pour filles, dit le Seigneur, le Tout-puissant » (2 Corinthiens 6,17-18). Et encore : « Ayant donc ces promesses, bien-aimés, purifions-nous nous-mêmes de toute souillure de chair et d'esprit, achevant la sainteté dans la crainte de Dieu » (2 Corinthiens 7,1). C'est un passage tout à fait remarquable. Voyez comme le commandement et la promesse s'y mêlent, et comment, pour finir, c'est sur une promesse magnifique que repose le commandement qui nous demande d'achever notre sanctification. Que penserions-nous maintenant de Paul, et de l'Esprit divin qui parlait par Paul, s'il avait aussitôt ajouté : « Prenez garde qu'aucun de vous ne se laisse entraîner par ces paroles à nourrir l'espérance très dangereuse et fausse de pouvoir “achever votre sanctification”, ou “vous purifier” de tout péché “de la chair et de l'esprit”, dans ce monde » ? Ne serait-ce pas se moquer de l'intelligence et de la sensibilité chrétienne de tous ceux qui liraient ses paroles, à travers tous les siècles ? Ne devrions-nous pas y voir, au fond, un blasphème ?
Il se trouve que la Bible ne contredit jamais ses propres enseignements ; mais je pose la question : et si elle le faisait ? Et si la Bible avait déclaré solennellement : « Aucun simple homme, ni par lui-même ni par aucune grâce reçue en cette vie, n'a jamais gardé ni ne gardera jamais parfaitement les commandements de Dieu ; au contraire, il les viole chaque jour en pensée, en parole et en action » ?
Enseigner qu'une telle espérance est dangereuse, c'est bien pire que de ne rien enseigner du tout. Il vaudrait bien mieux laisser les hommes lire seuls, sans aide, la Parole de Dieu, car cela ne pourrait guère, en aucun cas, les égarer aussi tristement, quel que soit leur penchant à mal comprendre. Dangereux de s'attendre à être délivré du péché ? Dangereux ? Qu'est-ce que cela veut dire ? Quoi ! Dangereux de s'attendre à la victoire sur un péché ? Si c'est le cas, que vaut l'Évangile ? Quel Évangile avons-nous, qui puisse encore passer pour une bonne nouvelle ?
Beaucoup ont l'attente exactement contraire. Loin d'attendre ce que l'apôtre les autorise à attendre, ils savent bien qu'ils n'ont aucune attente de ce genre.
Pour certains, c'est même pire encore : ils s'attendent à se regarder toujours comme étant dans le péché. Ils comptent bien se regarder, non pas comme réellement morts au péché, mais comme encore un peu vivants pour lui pendant toute leur vie sur terre, et vivants pour Dieu par Jésus-Christ en partie seulement. Il en découle tout naturellement que, ne s'attendant à rien de tel qu'une victoire complète sur le péché, ils n'emploieront pas les moyens qui conviennent, puisque la foi vient en tête de ces moyens, et que la foi doit au moins inclure la confiance que ce que l'on cherche peut être obtenu.
C'est dans ce chapitre et dans les suivants que nous trouvons l'essentiel de la bonne nouvelle de l'Évangile. Celui qui a été blessé et meurtri par le péché, dont les flèches amères se sont enfoncées profondément dans son être moral, celui qui en a connu l'amertume et senti son poison dévorer son esprit, celui-là verra qu'il y a quelque chose de glorieux dans l'idée d'être délivré du péché. Il verra sûrement que cette délivrance est de loin le plus grand besoin de son âme, et que rien ne peut se comparer au fait d'échapper à ce corps de péché et de mort. Regardez Romains 7. Vous y verrez l'état d'un homme qui est plus que convaincu : il est réellement déclaré coupable. Ce n'est pas la même chose d'être convaincu et d'être déclaré coupable : c'est un pas de plus dans la bonne direction. Ce mot suppose l'action de quelqu'un d'autre. L'accusé au tribunal peut être tout à fait convaincu de sa culpabilité, en voyant sa propre affaire comme il est bien obligé de la voir ; mais être déclaré coupable est encore un pas de plus : ce sont les témoignages et le jury qui le déclarent coupable.
Certains d'entre vous savent ce que c'est que de se voir pécheur, sans que cette découverte fasse mal, sans qu'elle pique ; elle ne vous blesse pas jusqu'au fond de l'âme. D'un autre côté, certains d'entre vous savent peut-être ce que c'est que de voir ses péchés tout armés, comme un homme armé, pour vous transpercer de part en part à coups de poignard. Alors vous criez, comme ici : « Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ? » (Romains 7,24). Vous sentez une douleur aiguë, comme si votre âme était remplie de poison, d'un venin noir et brûlant qui répand jusqu'au fond de votre âme les tourments mêmes de l'enfer ! Voilà ce que j'entends par être déclaré coupable : un état d'esprit qui va plus loin que d'être simplement convaincu. Les coups que vous porte le péché ressemblent vraiment à des flèches qui vous transpercent, comme si les flèches du Tout-Puissant buvaient réellement votre esprit. Quand vous vivez cela, vous pouvez comprendre ce qu'est la bonne nouvelle de l'Évangile. Un remède à de telles douleurs est forcément une bonne nouvelle, sans discussion possible. Alors, savoir que le sang de Christ peut sauver, c'est vraiment un remède qui rend la vie à l'âme qui défaille.
Mettez un homme dans cet état où le sentiment de sa faute le transperce et le déchire, puis faites-lui sentir qu'il n'existe vraiment aucun remède : il s'effondre sous les coups de fer du désespoir. Voyez son angoisse ! Dites-lui qu'il ne pourra jamais y avoir de remède pour son âme coupable ! « Tu dois rester là, à gémir et à désespérer, pour toujours ! » Peut-il y avoir un état d'esprit plus terrible ?
Je me souviens d'un cas qui s'est produit à Reading, en Pennsylvanie, il y a bien des années. Il y avait là un homme au cœur dur et au corps de fer, un homme fort et costaud, qui s'était dressé contre le réveil comme s'il pouvait secouer toutes les flèches du Tout-Puissant, comme le mastodonte dont parle une légende des Indiens : il secouait de son front toutes les flèches des guerriers, sans ressentir le moindre mal. C'est ainsi qu'il tenait bon. Mais il avait une femme qui priait et une sœur qui priait, et elles resserrèrent autour de lui toute la force de leur âme dans la prière, comme une troupe d'hommes encerclerait un taureau sauvage dans un filet. Bientôt, il fut clair qu'une flèche du carquois du Tout-Puissant avait pénétré au défaut de sa cuirasse et l'avait atteint au plus profond du cœur. Oh, quelle angoisse fut alors la sienne ! C'était la nuit, une nuit noire et glaciale. Il semblait vraiment qu'il ne pourrait pas survivre. On m'envoya chercher pour venir le voir. J'y allai. J'étais encore à environ trois cents mètres de sa maison quand j'entendis ses cris et ses gémissements de détresse. Cela me rendit terriblement grave : on aurait dit les échos du gouffre de l'enfer ! J'arrivai à la maison : il était là, sur le plancher, à se rouler dans son angoisse, avec des gémissements comme on en entend rarement de ce côté-ci du gouffre du désespoir. Malgré le froid qu'il faisait, il ruisselait de sueur ; tout son corps était trempé. Oh, ses gémissements ! Et le voir se mordre la langue de douleur : cela ne pouvait que donner une idée du sort des damnés. Oh, me dis-je, si ce n'est là que le sentiment de sa faute, que doit être l'enfer ? Mais il ne pouvait pas supporter d'entendre parler du péché ; sa conscience en était déjà pleine, et elle avait fait apparaître les choses terribles de la loi de Dieu, si bien qu'il n'y avait plus rien à faire de ce côté-là. Je ne pouvais que lui présenter Christ, et garder son esprit fixé sur Christ seul. Cela lui apporta bientôt du soulagement. Mais supposez que je n'aie eu rien d'autre à dire que ceci : « Monsieur B., il n'y a aucun secours possible pour vous ! Vous pouvez gémir et gémir encore : aucun être dans l'univers ne peut vous aider ! » Iriez-vous lui dire que l'enfer n'a pas de feu ? Oh, il a déjà bien assez de feu dans son âme brûlante. Il lui semble qu'aucun enfer de feu ne peut être pire que cela.
Comme il est glaçant et horrible de voir des gens s'opposer à l'idée qu'on puisse s'attendre à être délivré du péché, et parler pourtant tranquillement de continuer à pécher tout le reste de leurs jours sur terre ! C'est ce qu'a fait un ancien d'Église que j'ai connu : il s'est levé en pleine réunion et a dit au Seigneur qu'il avait vécu dans le péché jusque-là, et qu'il s'attendait à continuer de pécher tant qu'il vivrait ; il avait péché aujourd'hui et pécherait sans doute demain, et ainsi de suite ; et pourtant il en parlait aussi calmement que s'il était absurde d'en faire une histoire, et impossible de chercher à changer en mieux. Parler de tout cela calmement, pensez donc ! Parler bien calmement de continuer à vivre dans le péché tout le reste de ses jours ! Quelle horreur ! Imaginez qu'une femme dise à son mari : « Je t'aime un peu, mais tu sais que j'aime aussi beaucoup d'autres hommes, et que je trouve agréable de me laisser aller avec eux. Tu sais certainement que toutes les femmes sont des créatures fragiles, qui risquent de tomber sans cesse ; et d'ailleurs tu sais que je m'attends à tomber plus ou moins, selon les occasions, chaque jour de ma vie ; alors tu n'attendras certainement pas de moi une chose aussi irréalisable et aussi fanatique qu'une vertu sans tache ! Tu sais qu'aucun de nous n'a l'idée d'être parfait dans cette vie : nous ne croyons pas à une chose pareille ! »
Maintenant, je vous le demande, regardez cette femme et écoutez ce qu'elle dit. Pouvez-vous l'entendre parler ainsi sans que votre âme soit remplie d'horreur ? Quoi ! Cette femme est une épouse, et elle pense et parle ainsi de la fidélité conjugale ?
Et pourtant, ce n'est rien, en culpabilité révoltante et en trahison, à côté du cas du chrétien qui dit : « Je m'attends à pécher chaque jour de ma vie », et qui le dit avec une insouciance tranquille. Vous vous attendez à trahir Jésus chaque jour de votre vie ; à le crucifier de nouveau chaque jour ; à l'exposer chaque jour à la honte publique ; à déshonorer chaque jour son nom, à attrister son cœur, et à couvrir de chagrin et de honte tous ceux qui aiment la cause de Christ ; et pourtant vous parlez d'avoir une bonne espérance par la grâce ! Mais dites-moi : tout vrai chrétien ne dit-il pas : « Ne me laisse pas vivre du tout si je ne peux pas vivre sans péché ; car comment pourrais-je supporter de continuer, jour après jour, à pécher contre Celui que j'aime tant ? »
Ceux qui s'opposent vraiment à cette idée sont soit très ignorants de ce qu'est l'Évangile, soit des gens qui refusent de se repentir et qui, bien sûr, ne tiennent pas à être délivrés de leurs péchés ; ou, au mieux, ils sont coupables d'une grande incrédulité. Dans laquelle de ces catégories tombent ceux qui combattent cette doctrine, c'est à eux de le régler, entre leur propre conscience et leur Dieu.
Parmi ceux qui se disent chrétiens, on trouve deux façons bien distinctes de voir le salut, et donc deux catégories bien distinctes de chrétiens de nom, souvent réunies dans la même Église. Les uns voient l'Évangile comme une délivrance du péché. Ils y pensent davantage et y tiennent plus qu'à l'espérance du ciel, et plus qu'à tout ce qu'ils pourraient espérer sur la terre. Ce qui compte avant tout pour eux, c'est de vivre réellement cette délivrance du péché. C'est cela qui fait le charme et la gloire de l'Évangile. Ils cherchent cela plus que d'être sauvés de l'enfer. Ils tiennent bien plus à être sauvés du péché lui-même que de la punition qu'il entraîne. À cette punition, ils pensent peu, et ils prient peu pour cela. Leur gloire et leur joie, c'est que Christ ait été envoyé pour les délivrer de leur esclavage du mal, pour les relever de leur misérable état et leur donner la liberté de l'amour. Voilà ce qu'ils s'efforcent de vivre ; voilà, pour eux, la bonne nouvelle du salut de l'Évangile.
Les autres veulent surtout être sauvés de l'enfer. Ce qu'ils craignent avant tout, c'est la punition que mérite le péché. En fait, c'est surtout la peur qui a été le ressort de leurs efforts religieux. Pour eux, l'Évangile n'est pas un moyen d'être délivré du péché, mais un grand système d'indulgences : un vaste arrangement pour enlever la peur et le danger de la condamnation éternelle, tout en les laissant dans leur péché. Je ne veux pas dire du tout, ici, qu'ils appelleront leur façon de comprendre l'Évangile un système d'indulgences : le mot les choquera sans doute. Ils n'ont peut-être jamais examiné clairement ce point, et n'ont peut-être pas remarqué qu'en fait c'est bien cela, et rien de mieux.
Ils ne semblent pas remarquer qu'un plan de salut qui enlève la peur de la condamnation pour le péché, mais qui les laisse dans leurs péchés pour vivre pour eux-mêmes et se faire plaisir, et qui affirme que Christ les amènera finalement au ciel bien qu'ils aient vécu dans le péché tous les jours de leur vie, est forcément un vaste système d'indulgences. En réalité, c'est un compromis à une échelle gigantesque. Grâce à lui, on s'attend à ce que toute l'Église continue à se vautrer dans le péché toute sa vie, sans être pour autant moins sûre d'aller au ciel à la fin.
Ces deux façons de voir opposées sont si répandues et si visibles que vous les rencontrerez partout en faisant le tour des Églises. Vous trouverez dans l'Église beaucoup de gens qui sont entièrement tournés vers le monde et égoïstes ; qui vivent comme le monde, en négligeant de bien des façons leurs devoirs, et qui s'attendent à se laisser aller plus ou moins au péché tout au long de leur vie. Vous pouvez leur demander : « Pensez-vous que ce soit bien ? » Ils répondent : « Non. » « Alors pourquoi le faites-vous ? » « Oh, nous sommes tous imparfaits, et nous ne pouvons pas nous attendre à être autre chose qu'imparfaits tant que nous sommes ici-bas dans ce corps. » Pourtant, ils s'attendent à être finalement sauvés de l'enfer et à voir tous leurs péchés pardonnés ; mais comment ? Non pas à condition de se détourner sincèrement de tous leurs péchés, mais en supposant que l'Évangile est un vaste système d'indulgences, bien plus vaste que tout ce que le pape Léon X a jamais manié et exploité pour rassurer les chrétiens de nom qui péchaient de son temps. Car il ne s'agit pas seulement ici de ceux qui pèchent de temps en temps, comme là-bas, mais de ceux qui vivent dans le péché, qui le savent, et qui s'attendent à continuer ainsi toute leur vie, tout en s'attendant malgré tout à être sauvés à coup sûr à la fin.
L'autre catégorie de chrétiens n'a aucune espérance d'être sauvée autrement qu'en ayant un cœur pur et en vivant au-dessus du monde. Parlez-leur de vivre dans le péché : ils en haïssent et en redoutent la simple idée. Pour eux, il y a là un venin de vipère. Le péché est amer à leur âme. Ils le redoutent comme ils redoutent la mort elle-même.
Personne ne peut faire le tour de cette Église, ni d'aucune autre, sans trouver ces deux catégories, aussi différentes dans leur façon de comprendre l'Évangile que je viens de les décrire. Les uns sont dans l'angoisse s'ils se sentent seulement glisser, et ils prennent particulièrement garde à ne pas s'exposer à la tentation.
Il n'en est pas ainsi des autres. Deux pasteurs se trouvaient ensemble, et l'un d'eux pressait vivement l'autre de s'engager dans une certaine activité. L'autre refusa. « Pourquoi n'y vas-tu pas ? » demanda le premier. « Parce que je ne pense pas avoir le droit de m'exposer à une tentation pareille, et si forte. »
« Mais pourquoi s'arrêter à cela ? Nous nous attendons à pécher toujours plus ou moins ; et tout ce que nous avons à faire, c'est de nous en repentir après coup. »
Horrifié, l'autre ne put que répondre : « Je crois à un tout autre Évangile que celui-là. »
Imaginez qu'une femme dise à son mari : « J'ai décidé d'aller au théâtre. » « Mais, ma chérie, répond-il, tu sais que des gens mauvais s'y rassemblent, et tu pourrais être tentée. » Mais elle répond : « Peu importe ; si je pèche, je m'en repentirai après coup. »
On peut reconnaître le vrai chrétien à ceci : la simple idée d'être entraîné dans le péché le met dans l'angoisse. Il ne peut pas supporter l'idée de vivre dans le péché ; non, pas un seul instant.
Les jeunes gens d'ici qui sont vraiment chrétiens font attention à ces vacances qui approchent. Vous serez sur vos gardes, car vous craignez de vous laisser prendre au piège du péché. Je ne veux pas dire que vous devez craindre d'aller là où Dieu vous appelle ; mais c'est une chose terrible que de tomber dans le piège du péché, et vous ne pouvez pas ne pas le sentir. Si vous savez ce que c'est que d'être blessé dans votre âme par les flèches du péché, vous partirez au loin, au milieu de dangers apparents, en marchant doucement, avec prudence, et en priant beaucoup. Vous serez sûrement bien sur vos gardes. Mais si vous dites : « Oh, si je pèche, je me repentirai », que dirai-je de vous ? Vous vous repentirez, vraiment ? Et cela remettra tout en ordre si facilement ? Supposez que vous sachiez d'avance qu'en partant en vacances, vous vous enivreriez quelques fois et que vous commettriez un ou deux meurtres : diriez-vous : « Oh, je peux quand même être un bon chrétien. Je ferai bien attention de m'en repentir quand tout sera fini » ? Quelle horreur ! Et pourtant vous pouvez vous croire un bon chrétien ! Laissez-moi vous dire qu'un chrétien qui se repent du péché s'en repent parce que c'est du péché. Il ne fait pas de différence entre un petit péché caché et un grand péché, par exemple un meurtre. Il ne connaît pas de distinction entre les péchés qui lui permettrait de commettre les uns sans scrupule et de reculer devant les autres. Pour lui, tout ce qui attriste Dieu est une chose horrible. Devant tout ce qui déplaît à Dieu, il s'écrie : « Ah, Dieu le verra ; cela attristera son cœur ! » Ce que Dieu en ressentira, voilà ce qui compte avant tout pour lui. Celui qui sait ce que c'est que de paraître coupable de péché devant Dieu, et qui sait aussi ce que c'est que d'être délivré de cet état, comprendra ce que le chrétien doit ressentir dans les moments de tentation, quand il se sent en danger de pécher. Ses cheveux se dressent sur sa tête ! Quelle chose terrible que de pécher contre Dieu ! C'est pourquoi tout ce qui semble pouvoir le mettre en danger réveille toute son âme au-dedans de lui et le met sur ses gardes.
L'incrédulité de l'Église sur ce qu'elle peut recevoir de Christ est le grand obstacle qui empêche les chrétiens, et d'autres avec eux, de connaître la délivrance. Ce n'est pas seulement une grande malédiction pour ceux qui se disent chrétiens : c'est aussi un grand chagrin pour Jésus-Christ, et une rude épreuve.
Beaucoup semblent avoir endurci leur cœur contre toute attente de cette délivrance du péché. Ils ont entendu prêcher cette doctrine. Ils ont vu certains déclarer qu'ils vivaient dans cet état de délivrance du péché, mais ils ont aussi vu certains d'entre eux retomber ; et maintenant, ils rejettent délibérément toute la doctrine. Mais cela s'accorde-t-il avec le fait d'accueillir vraiment l'Évangile ? Qu'est-ce que Christ pour le croyant ? Pourquoi est-il venu dans le monde ? Que fait-il, et que cherche-t-il à faire ?
Il est venu briser le pouvoir du péché dans le cœur, et être la vie du croyant, en accomplissant en lui une délivrance continuelle du péché, dans le but de l'amener ainsi, et seulement ainsi, au ciel à la fin. Qu'est-ce que la foi ? Qu'est-ce, sinon le fait de vous livrer réellement à Christ pour qu'il accomplisse cette œuvre pour vous et en vous ? Que devez-vous croire de Christ, sinon ceci : qu'il doit sauver son peuple de ses péchés ? Pouvez-vous citer autre chose ? La Bible vous dit-elle de vous attendre à quelque chose de différent, et de moindre ? Le fait est que c'est un grand obstacle pour l'Église que cette chose n'ait pas été bien comprise. L'expérience ordinaire des chrétiens de nom a déformé la vérité et l'a démentie. La plupart des gens, qui se forment une opinion bien plus d'après cette expérience que d'après la Bible, ou qui, au mieux, se servent de cette expérience pour interpréter la Bible, ont adopté des idées très insuffisantes, pour ne pas dire fausses, sur la nature et le but de l'Évangile. Ils semblent oublier complètement que Paul, écrivant aux chrétiens de Rome, leur assure que, s'ils sont sous la grâce, le péché n'aura pas de pouvoir sur eux.
Quand les chrétiens n'attendent pas cette bénédiction de Christ, ils ne la reçoivent pas. Puisqu'ils attendent si peu, comme c'est d'habitude le cas, il n'est pas étonnant qu'ils reçoivent si peu. C'est selon leur foi, et jamais beaucoup au-delà, qu'ils doivent s'attendre à recevoir.
Il arrive souvent qu'on tienne la sanctification pour vraie en théorie, alors que l'esprit est encore loin d'accueillir cette vérité avec amour. C'est comme pour les pécheurs qui refusent de se repentir et qui admettent en théorie qu'ils ont besoin d'un cœur nouveau. Ils disent le croire, mais le comprennent-ils vraiment ? Non. Supposez que cela soit révélé à leur esprit de telle sorte qu'ils le voient vraiment tel qu'il est : ne verraient-ils pas quelque chose de nouveau ? Ne seraient-ils pas saisis de voir combien ils sont loin, tant qu'ils refusent de se repentir, d'être acceptables pour Dieu, et quel grand changement ils doivent connaître avant de pouvoir entrer dans le royaume ? Il en est de même pour la sanctification. Ces personnes ont beau dire qu'elles l'admettent en théorie, les passages de l'Écriture qui la décrivent n'entrent pas dans leur expérience. Elles ne voient pas toute la vérité. Si elles voyaient toute la vérité et la rejetaient ensuite, je crois que ce serait pour elles le péché impardonnable. Quand l'Esprit de Dieu leur révèle le vrai sens de l'Évangile, si elles le rejettent alors délibérément, comment ce péché pourrait-il être moindre que celui que l'Écriture présente comme le péché impardonnable ? Après avoir été une fois éclairées, et avoir reçu la connaissance de la vérité pour être sauvées, si elles se détournent ensuite, n'est-il pas dès lors impossible qu'elles soient de nouveau amenées à la repentance ? Une chose au moins doit être dite : il y a un danger que beaucoup de chrétiens de nom de notre époque ne semblent pas voir, quand ils ont devant l'esprit autant de lumière qu'ils en ont réellement sur ce que l'Évangile a prévu pour qu'on soit sanctifié dès maintenant, et qu'ils rejettent pourtant cette lumière dans la pratique, en continuant à vivre dans le péché comme si l'Évangile n'avait rien prévu pour délivrer le chrétien de ses péchés. Combien se précipitent aveuglément dans ce terrible danger, et vers leur propre perte !
Texte : Traduction française de biblelibre.org (2026), en français courant. Source : Sermons on Gospel Themes, New York, Dodd, Mead & Co, 1876 (archive.org) (Texte anglais du domaine public ; traduction française de biblelibre.org sous licence CC BY-SA 4.0 : libre de copie et de partage, dans les mêmes conditions, en citant la source).